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MACF et engrais : l’UNIFA alerte sur un risque majeur pour l’industrie européenne
Dans un contexte de fortes incertitudes autour de l’application du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) aux engrais, l’UNIFA a publié, le 8 janvier 2026, un communiqué de presse appelant l’Europe à ne pas sacrifier son industrie au détriment de sa souveraineté alimentaire et climatique.
Depuis le 1er janvier 2026, le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) est entré en application. Conçu comme le miroir indispensable du Système d’Échange de Quotas d’Émission (SEQE-ETS), le MACF vise à rétablir des conditions de concurrence équitables entre les producteurs européens, soumis à un prix du carbone parmi les plus élevés au monde, et les importations issues de pays aux normes environnementales moins exigeantes.
Dans un contexte de crise agricole persistante et de fortes tensions sur les prix des engrais, plusieurs annonces politiques récentes ont toutefois semé le doute quant à l’application du MACF aux engrais. Des déclarations évoquant de possibles « aménagements », voire une « suspension », ont nourri une confusion préjudiciable à l’ensemble de la filière.
Des annonces politiques qui fragilisent l’outil industriel
À l’issue de la réunion des ministres européens de l’Agriculture du 7 janvier 2026, la Commission européenne a précisé qu’aucune suspension formelle du MACF n’avait été décidée à ce stade. Elle a évoqué des mesures d’allègement indirectes – notamment commerciales – ainsi que la possibilité future d’un mécanisme exceptionnel, encore en discussion, en cas de crise grave.
Pour l’UNIFA, cette séquence essentiellement politique crée une instabilité réglementaire préoccupante. Or, les investissements nécessaires à la décarbonation de l’industrie des engrais ne peuvent être engagés que dans un cadre lisible, cohérent et prévisible.
La position de l’UNIFA : souveraineté industrielle, souveraineté alimentaire, ambition climatique
Face à ces annonces, l’UNIFA a publié, le 8 janvier 2026, un communiqué de presse intitulé
« MACF et engrais : l’Europe ne peut pas sacrifier son industrie ».
L’UNIFA y rappelle une conviction forte : industrie des engrais et agriculture ne s’opposent pas, elles constituent deux maillons indissociables d’une même chaîne de souveraineté alimentaire. Fragiliser l’outil industriel européen reviendrait à accroître la dépendance aux importations, exposant les agriculteurs à des intrants plus carbonés, à des prix plus volatils, et à une perte de maîtrise stratégique.
La filière européenne des engrais, en particulier celle de l’azote, évolue déjà dans l’un des cadres climatiques les plus exigeants au monde. Soumise depuis 2005 au SEQE, elle s’est engagée dans des trajectoires ambitieuses de décarbonation. Affaiblir le MACF sans ajustement équivalent de l’ETS créerait des distorsions de concurrence majeures, mettant en péril des sites industriels, des emplois et des capacités de production stratégiques en France et en Europe.
Un appel à un choix politique clair
À contre-courant des grandes puissances qui protègent leurs industries stratégiques, l’Europe ne peut se permettre de fragiliser sa base industrielle tout en facilitant l’importation de produits moins vertueux sur le plan environnemental.
Comme le souligne l’UNIFA dans son communiqué :
« Il n’y aura ni souveraineté alimentaire ni transition climatique sans une industrie européenne forte. La réponse aux défis agricoles doit renforcer, et non affaiblir, la base industrielle de l’Europe. »
L’UNIFA appelle ainsi les décideurs européens à un choix politique clair : préserver l’intégrité du MACF, garantir la stabilité réglementaire et soutenir une transition climatique fondée sur l’innovation industrielle, les engrais décarbonés et décarbonant ainsi que les solutions de fertilisation associée durables.