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Engrais : l’urgence de renforcer la souveraineté européenne

Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations affectant le détroit d’Ormuz alimentent les inquiétudes sur l’évolution des prix de l’énergie et des fertilisants, France Fertilisants (anciennement UNIFA) souhaite rappeler plusieurs éléments de contexte. Le prix des engrais azotés dépend très largement du coût du gaz naturel, qui constitue la principale matière première nécessaire à leur fabrication et représente près de 80 % de leur coût de production. Toute tension sur les marchés de l’énergie se répercute donc mécaniquement sur les marchés des fertilisants

Les tensions actuelles affectent par ailleurs certaines routes commerciales majeures. Une part importante des flux mondiaux d’engrais et de matières premières nécessaires à leur production transite par le détroit d’Ormuz. Toutefois, ces flux alimentent majoritairement les marchés asiatiques et nord-américains et ne concerne que marginalement l’approvisionnement européen 

À ce stade, les unités de production en France et en Europe de l’Ouest poursuivent leur activité. Les livraisons de commandes se poursuivent en France, et les agriculteurs utilisent actuellement les fertilisants nécessaires à leurs cultures. Les niveaux d’engagements des distributeurs agricoles restent comparables à ceux habituellement constatés à cette période de l’année, avec plus de 80 % des besoins en fertilisants pour la campagne agricole actuelle 2025/2026 qui ont déjà été couverts.

 

La situation rappelle néanmoins la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales face aux tensions géopolitiques. Elle souligne l’importance, pour les agriculteurs comme pour les industriels, de disposer d’une industrie européenne des fertilisants forte et compétitive et la nécessité de disposer d’un cadre de long terme, prévisible et structurant. France Fertilisants appelle ainsi à accélérer la mise en œuvre du plan de souveraineté des engrais annoncé par la Commission européenne afin d’assurer les conditions d’une industrie des engrais européenne solide, et ainsi sécuriser l’approvisionnement des agriculteurs et limiter leur exposition à la volatilité des marchés.